Champs de sarrasin en andain

Sarrasin en culture intercalaire dans une plantation

Vous semez du sarrasin si :

-         La date de semis pour les autres cultures est dépassée.

-         Vous voulez faire un contrôle de vos mauvaises herbes pour l’année suivante (appliquer la méthode des faux semis).

-         Vous cherchez un bon engrais vert. Attention : enfouissez avant la formation des grains.

-         Vous n’obtenez jamais de bons résultats avec les autres cultures, le sarrasin est une plante très rustique.

-         Vous disposez de peu de moyens financiers pour vos semis : le sarrasin ne demande ni engrais, ni pesticide et très peu de semence.

-         Vous ne voulez pas laisser un terrain plus ou moins inculte à découvert.

-         Vous voulez insérer une culture douce dans vos rotations.

-         Vous êtes sensibles au patrimoine et à l’environnement.

-         Vous avez un contrat d’exportation ou un acheteur en vue pour votre récolte.

 

En contrepartie :

-         Vous n’êtes pas couvert par l’assurance stabilisation.

-         Vous ne pouvez obtenir qu’une couverture minime à l’assurance récolte.

-         Les rendements sont très variables (de 100 kg à 1 500 kg/hect).

-         Évitez les petites superficies, les entrepreneurs ne se déplacent pas tous pour 2 hectares.

-         Évitez la contamination d’autres grains par les équipements de récolte, d’entreposage et de transport.

-         Et surtout, faites traiter (séchage et nettoyage) le plus rapidement possible après la récolte (si humidité supérieure à 20 %, traiter dans les 48 heures, à moins de 20 %, une bonne ventilation suffira pour quelques jours).

 

Le semis :

-         Après que tout risque de gel au sol soit passé, de la fin mai jusqu’à la mi-juillet.

-         Profondeur : rejoindre l’humidité du sol, entre 2 et 4 cm.

-         Avec un semoir à grain conventionnel.

-         Taux de semis : de 30 à 40 kg/hect.

-         Les besoins en fertilisant sont faibles et les éléments présents dans le sol et les résidus de l’année précédente sont amplement suffisants. Un excès d’azote favorise la pousse végétative aux dépens de la formation des grains et cause de la verse.

-         Aucun herbicide. Dans de bonnes conditions, le sarrasin pousse vite et étouffe tout le reste.

-         Pour les champs infestés de chiendent ou autres, appliquez la technique des faux semis. Vous pouvez en plus, lors du dernier hersage, attendre une semaine avant de semer, puis juste avant la levée du sarrasin, appliquez la dose minimum de Round-up.

-         La pollinisation des fleurs se fait par les insectes.  Si vous avez de grandes superficies, contactez un apiculteur afin d’avoir au moins deux ruches à proximité par hectare (un hectare de sarrasin peut donner plus de 125 kg de miel par saison).

 

La récolte :

Le cycle de végétation du sarrasin est de 100 à 120 jours, mais les grains ne viennent pas à maturité tous en même temps. La plante continue de fleurir jusqu’aux gelées mortelles d’automne. Si vous avez semé vers la fin juin, vous attendez cette gelée mortelle qui tuera la plante.  Les jours suivants, elle flétrira puis sèchera, perdant ainsi ses feuilles.

Une fois la plante dépouillée, récoltez à l’aide d’une moissonneuse conventionnelle : pour commencer, nettoyez la batteuse des résidus de la récolte précédente, ajustez la batteuse (vent et crible) comme pour l’orge, mais ouvrez le concave et ralentissez la vitesse du batteur comme pour le soya. Le grain est délicat. Faites un test, puis rajustez-vous selon votre expérience. Ne vous attendez pas à voir couler la vis à flot!

Si vous avez semé plus tôt (fin mai, début juin) la plante continuera à faire des fleurs et vous finirez par perdre par terre les premiers grains formés.  Il faut faucher la récolte lorsqu’il reste environ 10 % de fleurs et que la majorité des graines sont devenues noires. Mettez en andain en laissant le chaume suffisamment long pour que l’air circule en dessous (idéalement, mais s’il y a de la verse, coupez à ras le sol).  La récolte peut se faire une dizaine de jours plus tard par temps sec.

Le grain se conserve à moins de 14 % d’humidité. Lors des récoltes après les gelées, il n’est pas rare que l’humidité à la récolte dépasse les 20 %.  Séchez-la (à feu doux) et nettoyez-la le plus tôt possible ou contactez un acheteur spécialisé avant la récolte, afin de planifier son transport le plus tôt possible pour son traitement.  Le sarrasin est surtout utilisé en alimentation humaine, ne l’oubliez pas.

Trop souvent, cette récolte marginale est traitée aussi de façon marginale : on la laisse dans une voiture en attendant d’avoir le temps de s’en occuper.  Puis arrivée chez l’acheteur, ce dernier constate que le grain a chauffé et est impropre à la consommation. Au lieu de recevoir entre 400 $ et 500 $ la tonne, la récolte est soit carrément jetée ou assignée à la semence pour engrais vert, à la moitié du prix. Le taux de germination est aussi affecté par le sur chauffage et les moisissures.

Appliquez-vous autant à la culture du sarrasin que pour les autres cultures et vous verrez, c’est une culture qui peut être aussi rentable : moins cher pour les semences, pas d’herbicide, pas d’engrais, facile à récolter, un prix de vente intéressant, doux pour le sol, mais des rendements fluctuants.

Toutefois en culture de dépannage, le sarrasin n’a pas son pareil.

 

 

Le sarrasin au Québec en bref :